Les arganiers constituent l’un des types de
végétation les plus originaux. En effet, elle sont caractérisées par
l’Arganier (Argania spinosa - « argane »), qui est le seul
représentant, en dehors des régions tropicales, de la famille des
sapotacées. Cet arbre n’existe qu’au Maroc (endémique).
Il atteint une taille rarement supérieur à 8-10m
avec un tronc court et noueux, une cime très étalée, densément
ramifiée, à rameaux souvent épineux. Les feuilles persistent
plus d’un an ; elles sont alternes (mais la plupart réunies en
bouquets sur des rameaux courts), entières. Les fleurs
apparaissent au printemps, petites et verdatres, réunies en
glomérules. L’ovaire supère donne pour fruit une baie verte dont la
forme est semblable à celle d’une amande, de taille variable (de
l’olive à la noix), à l’intérieur de la pulpe, graines soudées par
leurs tégument très épais et très durs en un ensemble qu’on appelle à
tort un « noyau »(fausse drupe). Rejette de souche.
Usage nombreux :
-
Bois d’œuvre, de chauffage, donne un excellent
charbon de bois ;
-
Feuillage constitue un excellent pâturage pour
les chèvres qui montent le brouter dans l’arbre(seuls nourriture
pendant la saison sèche) ;
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Le fruit est également un fourrage pour les
animaux qui consomment la pulpe ;
-
Les arganeraies sont concassées, « les
amandes » (cotylédons+albumen) extraite 1 à 1 sont légèrement
torréfiées puis malaxées ; on en extrait une huile comestible très
appréciée dans l’alimentation locale ;
-
Enfin, l’ombre des arganiers permet d’abriter
des cultures d’orge lorsque le sol s’y prête.
L’arganeraie s’étend dans tout le SW marocain,
essentiellement dans le Souss, au pied du Haut Atlas et de l’Anti-Atlas
(1400-1500m en exposition Sud) ; on en retrouve des traces jusqu’aux
environs de Safi au N, de Chichaoua au NE (Haouz). L’arganier s’étend
également vers le sud en direction du Sahara, à la faveur des lits
d’oueds temporaires qui lui assurent une plus grande humidité.
Eliminé par les sols trop sableux, l’arganier est
concurrencé en altitude par le thuya de Berbérie.
En raison de son importance dans l’économie
rurale, l’arganeraie est toujours très habitée et son aspect est très
modifié :
-
Par les cultures qu’elle abrite sur les sols
plats et profonds ;
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Par le parcours des troupeaux sur les sols en
pente et rocailleux, incultes.
Ainsi, il est très rare de retrouver l’aspect
climacique de l’arganeraie.
Au Sud d’Agadir, l’arganeraie est très
clairsemée ; les arbres, très distants les uns des autres, ne se
concurrencent pas ; le climax était donc probablement une steppe, mais
particulière (steppe arborée).
Au nord d’Agadir, l’arganeraie peut devenir
nettement plus dense, avec un abondant sous-bois de buissons de divers
espèces. Il est probable que l’arganerie climacique était là une foret
dont les arbres, plus resserrées, rentraient en contact par leurs
racines. Mais l’arganeraie actuelle, même dans sa partie
septentrionale, n’est qu’une forme de foret très dégradée, un
« matorral » arboré.
Remarque : L’arganeraie jouit d’un
régime forestier particulier, les populations locales bénéficiant du
« droit d’usage » des arbres en tant que pâturage, de leur fruits, et
de l’utilisation du sol. L’état est propriétaire des arbres, mais une
partie du bénéfice de la vente des coupes est restituée aux
collectivités locales.